L’essence d’un Prix Nobel de la paix en RDC

Dr Mukwege Denis,  dans son bureau de Panzi, le 6 février 2013, Par PINAULT/VOA, via Wikimedia Commons https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/6b/Denis_Mukwege_VOA.jpg

Le Dr Denis Mukwege, Prix Nobel de la paix. Une distinction qu’il partage avec Nadia Murad, militante irakienne contre les violences sexuelles, depuis le 5 octobre 2018.
La joie que je ressens est extrême. Le combat d’un compatriote valeureux reconnu internationalement. Il est vrai que la cagnotte versée aidera un tant soi peu l’action humanitaire entreprise par la fondation Panzi ; cependant des nombreux défis restent.

Stop à la guerre, Stop aux viols, Stop aux meurtres des innocents

On sait tous comment et quand une guerre commence, mais on ne sait jamais comment et quand elle prendra fin. La fin de l’histoire douloureuse de déplacements pénibles des populations, des viols ignobles perpétrés, des tueries de trop des Congolais est inconnue. Pourquoi ? Nous sommes tous d’accord que la vie est sacrée ; qu’en-est-il en RDC ?

Dans ma province d’origine, il y a quelques jours, la société civile de Béni a fait un décompte à dormir débout des meurtres commis depuis 2014 par le groupe terroriste des ADF-Nalu : 2700 personnes décédées, soit en moyenne 50 tuées par semaine ou encore deux morts enregistrés chaque jour.

Il est vrai que le prix Nobel de la Paix a une voix internationale. Il est aussi vrai qu’il condamne les guerres à répétition à l’Est de la RDC dans toutes ses déclarations. Cependant, qui doit décider de l’action sur terrain pour définitivement faire les obsèques de la guerre ? Les dirigeants du monde sont les premiers responsables et garants de la paix partout où elle est menacée. Le peuple congolais est l’acteur majeur du retour à la paix dans son pays.

Je souhaite de tout cœur que cette reconnaissance jette les bases d’une réflexion profonde nationale et internationale sur les actions à envisager. Dorénavant, le Prix Nobel de la paix retrouvera sa blouse blanche de gynécologue ordinaire et non de sauveur de dignité des femmes violentées pendant les conflits violents.

La voix de l’espoir

Pour mémoire ce texte publié ici en 2013. J’avais trouvé une subtile idée pour consoler mes compatriotes activistes des droits humains congolais qui étaient déçus. Le gynécologue hors pair congolais était nominé pour le Prix Nobel de la paix mais que dalle, le comité Nobel avait désigné l’organisation défendant la fabrication d’armes chimiques à la place.

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