Amani Festival : Festin de paix retrouvée au Congo

Article : Amani Festival : Festin de paix retrouvée au Congo
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24 février 2014

Amani Festival : Festin de paix retrouvée au Congo

Une artiste danseuse talentueuse electrise le public. Amani Festival: Crédit photo Christophe N.
Une artiste danseuse talentueuse electrise le public. Amani Festival: Crédit photo Christophe N.

Les gens aiment la paix. Vingt milles personnes (jeunes, parents, vieux, etc.) ont répondu présent à la grande fête inédite de la paix tenue du 14 au 16 février 2014 à Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu en RDC. Festival AMANI « paix » au tour du thème :Playing for change, Singing for peace

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Organisé par le foyer culturel de Goma, branche de la maison des jeunes du Diocèse de Goma, la première édition de Amani Festival a enregistré un grand succès grâce au soutien des personnes éprises de paix et de solidarité tant en RDC qu’à l’étranger. Les recettes de cette fête grandiose seront investies dans la construction d’un amphithéâtre pour des spectacles culturels à Goma.

« Rassembler des gens de tous les horizons, et principalement, les habitants de la région des Grands Lacs pour célébrer ensemble une vie meilleur, pour le bien de tous, loin des conflits. La paix, nous le croyons, peut se construire et se fortifier autour de la culture et du rassemblement de tous. Nous voulons aussi, par ce Festival, montrer au monde entier que la Région ne se limite pas à une terre de guerre mais qu’il y vit une population vive, pleine de talent et prête à faire changer les choses de manière positive; «  tel était l’objectif de Amani Festival à en croire les organisateurs ; le belge Eric de Lamotte, le congolais Guillame Baguma et les membres du foyer culturel de Goma.

Une manifestation emblématique jamais vécue dans la région. N’en déplaisent aux esprits qui pensent que le Kivu est le vivier de la violence, l’espace favorable où se donnent rendez-vous tous les malheurs du monde. Eh bien, l’ambiance culturelle vécue dans le majestueux stade du Collège Mwanga, appelé couramment Place Jean Paul II a prouvé le contraire.

Rires, slaves d’applaudissements, cris, danses, retrouvailles, accolades, découvertes, mets exceptionnels, boisson fraîche ; tous les ingrédients réunis pour une fête pantagruélique.

Trois jours durant, le peuple au cœur effondré à cause du passé noir a oublié la musique des bombes et la mélodie des cartouches. Les peuples du Congo, Rwanda, du Burundi et d’ailleurs ont eu droit à des chants passionnants et captivants de divers artistes talentueux africains qui se sont succédés au podium décoré aux couleurs de la paix. Affiches portant des messages de paix, paroles célèbres des héros africains, tambours traditionnels, etc.

Temps fort : Voeux des artistes pour les peuples de la région

Le célèbre artiste congolais, Lokua Kanza: « L‘impression que j’ai : il y a une certaine joie dans les yeux des gens et une inquiétude en même temps parce qu’ils se demandent si cela (conflits armés) va encore recommencer, un sentiment mitigé dans la population. Mon message de paix: Soyons unis, aimons-nous les uns, les autres; l’harmonie de notre société en dépends. »

Un groupe de 11 artistes congolais de Goma – Foyer culturel de Goma – ont sorti un hymne à l’occasion de Amani Festival. Retenons cet extrait plein d’optimisme : « Terre touristique, terre volcanique, terre magnifique aux aspirations pacifiques, terre paradisiaque malheureusement pleines de guerres sporadiques, parle; ne reste plus sceptique et savoure la paix dans toutes ses optiques. La guerre est un langage des faibles, le dialogue pour une paix durable… Mutuache na Amani, Nous voulons la paix ».

L’icône du rap africain, Lexxus Legal :  « Si on veut une paix durable, on ne doit pas continuer à amnistier les criminels. Nous devons être exigeants envers nos politiques. Servons-nous du passé pour construire un avenir radieux. Hommage aux victimes des guerres récurrentes dans la région. »

La perle rare de Goma, la star Innocent Balume : « Ma voix pour les sangs voix dans mon pays. Je ferais le porte-voix des victimes congolaises partout où l’opportunité se présentera. Trop c’est trop, nous avons soif de la paix dans nos familles, dans nos villages et dans nos villes congolaises, rwandaises et burundaises. »

Jessica, jeune talent vivant en Norvège mais venue expressement pour la cérémonie : « La femme africaine a des droits inaliénables. Le respect de sa dignité est signe du respect de la société tout entière. » 

Et Mumbere, jeune festivalier de mentionner:  » C’est émouvant tout ce que j’ai vécu ici à Amani Festival. L’art est une arme sans conteste de rapprochement des peuples. Si seulement, les autorités et populations présentes à ces assises ont compris le fond des messages lancés, deux mois suffisent pour que cessent à jamais les bruits des canons partout dans la région. Multiplions des rencontres pareilles, ça dé-traumatise les populations. »

Que vive l’art, Que vive la paix, Que Vive l’unité et le développement dans la région des Grands-Lacs !!!

Retour sur images. Photos droits tiers.

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Commentaires

Nguru Wasingya

Est - ce que vraiment, les chansons et danses peuvent faire la paix?
En bref , les congolais doivent aimer le Congo quand le congolais devient l'ennemi du Congo, le pays ne sera pas pacifié.
Je ne sais pas si un belge peut contribuer à la paix en RDC moyennant le festival Amani.
Aimons notre pays, travaillons, ne soyons pas divisé comme les occidentaux aiment nous distraire.

Chantal Faida

Je ne sonde pas le coeur des gens, mais une chose est sûre, nos pensées deviennent des faits. Si tu crois au retour à la paix, elle reviendra sûremment. Un optimisme sans frais. Juste croire. On a longtemps souffert. Nous sommes en droit de vivre le temps de gloire après les périodes d'épreuve. Nous ne sommes pas les damnés de la terre. L'avenir du Congo est beau. Salut Anselme

Emile Bela

Je me suis absenté pendant un long moment sur ta page. J'ai manqué bien de choses. Je viens là de me rattraper de fort belle manière.
Excellent billet. Amani, dans ma langue maternelle est un nom propre donné à un enfant qui naît après les jumeaux qu'il soit fille ou garçon.

Si je meurt sans savoir parler le Ningala, ma vie aurait été inachévée. Mon Dieu qu'est-ce que J'ADORE cette langue!!

Chantal Faida

Quel honneur pour moi de lire ton plus modeste et profond commentaire sur Kongo Yetu Blog ? Merci infinimment cher Emile. Je suis touchée, très honnêtement.

Ah bon, chez nous le garçon ou la fille qui vient après les jumeaux (Mapasa en swahili) dans une fratrie se nomme CHIZA.
En effet, AMANI c'est un mot swahili qui signifie PAIX en français. Au congo, nous avons 4 langues nationales (Swahili, lingala, kikongo, tshiluba), en plus de la langue officielle qu'est le français.

Tu veux connaître les langues nationales congolaises, tu sais comment t'y prendre, je ne vais t'apprendre en culture africaine...

Pax MURHULA ,.......:PAIX

Il n'y a pas de procédures, moyens, formules et tout pour la paix; La PAIX est la meilleure procédure, de bon moyens, l'excellente formule pour tout avoir, tout faire et surtout donner le meilleur aux autres.

Tous ceux qui sont nés dans la paix possèdent nécessairement la paix à témoigner aux autres, surtout s'ils le savent.
Demandant à ma mère, parce que mon père n'étant plus vivant, pourquoi le nom de "MURHULA", elle me répondant" Tu es venu au monde quand il y avait la paix dans toutes nos deux familles, surtout dans une entente absolue avec ton Père,......dans la paix.
Dès ce jour là, j'ai pris l'option de changer mon prénom, même si ce n'est pas du tout facile.
Ainsi je me dis être heureux d’être appelé"MURHULA",AMANI,PAX,PEACE, et tout, l'essentiel est que ça exprime "la paix" même si c'est dans la langue maternelle de mon contemporain,..

La chose la plus délicate est qu’apparemment, la "PAIX" au bon sens n'est pas de ce monde. J'ai tout fais, jusque là, mais je n'y arrive pas encore. Comme tu as dis tantôt, je le dis aussi à ma manière, et c'est vrai, JE NE SUIS PAS LE "DAMNÉ DE LA TERRE"
De fois, je mange un peu de piment au nom du pessimisme, alors que je bois de l'eau, du lait et tout ce qui fait vivre, en temps réel et en quantité requise au nom de l'optimisme.
Tout ceci et tant d'autres pensées pour dire que nous devons nourrir l'optimisme dans notre vie, surtout un avenir radieux pour notre beau Pays au centre d'une Afrique en mutation.
C'est vrai ma chère Chantal F., Nous sommes en droit de vivre le temps de gloire après une période d’épreuves mais pour y arriver, la vérité,le travail,.... sont de mise.
Nelson Mandela et Dalai Lama n'avaient-ils pas dis" THE TRUTH WILL SET US FREE"?
J'aime ta lutte ma chère Ch.F. au sang congolais au travers les mêmes vaines que Lumumba! Courage car "rien ne vient du néant" et "tout change,rien ne demeure"

Chantal Faida

Tu as tout compris cher frère Murhula. Merci pour cet éclairage sur le sens profond du mot paix. Quelque part tu es sceptique quant à la question de savoir si la paix est de ce monde. Oui la paix est de ce monde, car elle vient du vouloir des hommes, or les hommes sont de ce monde. VOULOIR c'est POUVOIR. Merci pour les compliments, la lutte est une émulation obligatoire pour tout digne citoyen d'un pays en développement. Je suis frappée par ton sens d'analyse et d'engagement. Tu es une personnalité au coeur d'or. ZIGASHANE...

Pax MURHULA

J'aime toujours ta façon de dénicher le problème, c'est ton sens profonds de VOULOIR savoir!. Et ça me rassure encore plus que tu peux quelque chose pour faire partie de citoyen(ne)s pouvant identifier et dire tout haut le mal qui a rongé ce beau pays au centre d'un continent envieux par les puissances, comme, les bourreaux envient une jeune et vierge femme. La matière première pour ces deux personnages exemplatifs est toujours sensible et faira des victimes aussi longtemps que "la raison du plus forts est toujours la meilleure"
AINSI;
- Un pays agresseur risquera toujours vouloir conduire la destiné d'un pays "souverain" agressé. Quelle amorphie!
-Des bourreaux criminels seront toujours dans de phases confortables d'amnistie après avoir réalisé de belles performances inhumaines. Quelle grosse gifle de gouvernants aux gouvernés!
La lutte doit vraiment être notre émulation dans tous ses aspects obligatoires. J'aime analyser de mon intérieur que "UN PEUPLE AMORPHE DEVANT LES CHEFS MOINS JUSTES, DANS UNE LECTURE DE DROIT INJUSTE ET POUR UNE JUSTICE DE DEUX POIDS DEUX MESURES, EST UN PEUPLE MORT D'AVANCE",....n'en déplaise.

Quelque part oui, mais aussi et surtout "quelques fois" le scepticisme me nourrit sans me rassasier de dire que la "PAIX" n'est pas de ce monde.

La conscience est le seul bâton qui frappe même le frappeur aguerri!
Cette conscience étant une grâce d'en haut, une fois requise, la "PAIX" et la "JUSTICE" animeront le haut dignitaire et sa suite. Cela, une fois vécue par eux-mêmes d'abord, ils pourront maintenant œuvrer dans la PAIX et pour la JUSTICE en faveur des gouvernés.
A défaut, ces derniers seront dans l'obligation d'imposer à leur esprit la PAIX et se faire, à leur guise, la JUSTICE.
Comprendre qui pourront que, la paix retrouvée et la justice faite par le "PEUPLE", un mot pris en otage par les assoiffés du pouvoir, a un PRIX à payer.
E.Patrice LUMUMBA était venu de ce"peule", aussi Thomas Sankara, Ch. Guévarra, Martin L. KING et tant d'autres et l'ont payé.

La lutte étant une émulation,elle nous est obligatoire, peut être déjà en marche!

J'aime mon beau pays,
Un sol sur lequel était versé le sang patriotique de Lumumba,... et dernièrement celui de Mamadou.

Chantal Faida

C'est plus un texte révélateur et pertinent qu'un simple commentaire sur un blog. RESPECT. Les mots me manquent pour paraphraser cette pensée profonde. Je suis honorée par ta connaissance.