Musique pour l’amour de l’Afrique : Germaine Sangara, une voix engagée

 

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Elle n’est pas la seule à Goma, mais elle est parmi les rares femmes qui chantent les valeurs très bien.

Elle est engagée dans la conscientisation et sensibilisation sur la paix et la cohabitation pacifique en milieu de conflits récurrents à Goma, Bukavu, Bunia, Béni dans la partie-est de la RDC et à Kinshasa dans la capitale et une fois en Angola. Elle chante pour la paix des Grands Lacs, pour la promotion du genre, de l’éthique et des valeurs africaines. C’est une moralisatrice.

Elle mène une vie modeste, mais elle a besoin d’appui matériel et financier pour son épanouissement dans sa carrière plutôt prometteuse.

Une voix magique, un talent incroyable, une personnalité en or, une femme engagée, dévouée pour la cause de son pays le Congo et son continent l’Afrique. Artiste de carrière depuis son enfance, Germaine Sangara, la reine de la musique afro-congolaise, fait des émules dans la génération de chanteurs congolais engagés.

 Mariée à un talentueux artiste musicien Sikuli Makaveli, elle est mère de deux adorables enfants. A son actif, plusieurs titres de chansons sur la paix, l’unité et les valeurs ancestrales africaines.  Elle fait la fierté du continent africain en général et du Congo en particulier.

« La vie est un grand combat. N’oublions pas, nous luttons pour la rendre meilleure pour nous-mêmes et pour nos générations futures. La paix est un élément primordial dans ce monde. Sans la paix, il n’y a pas d’essor pour un peuple. » Sa pensée profonde.

Interview exclusive.

Chantal Faida (Ch.F) : Germaine S. de la musique chrétienne vers la musique mondaine conscientisante, quelle était votre motivation ?  

Germaine Sangara (G.S) : Ma carrière musicale a vu jour dans mon Eglise, dans la chorale CMEMA à Goma depuis l’âge de 12 ans. Après je suis partie à Kinshasa pour parfaire ma formation d’artiste à l’INA Institut national des arts, en musique. Là-bas, j’ai obtenu mon diplôme, ensuite j’ai renoué avec la musique gospel (musique chrétienne ndlr), mais depuis un certain temps, j’ai décidé de chanter pour une conscientisation sur les valeurs et vertus de paix à construire par mes concitoyens pour l’essor du Congo et de la région.

Ch.F : Chanter les valeurs de la paix, de  l’unité, … Pouvons-nous déduire que G.S est artiste et militante des droits humains en même temps ? 

G.S : Je suis originaire du Nord-Kivu, ventre mou de plusieurs groupes armés au Congo. Ma province a longtemps vécu les affres des guerres. Je chante pour le retour de la paix, pour les droits des femmes et des enfants victimes de conflits récurrents, de guerres fratricides et pour le Congo.

Je contribue un tant soit peu à la recherche de la quiétude pour les miens. Dans mon single Mapendo et Afrika (amour et Afrique), je rappelle le modèle de vie de nos aïeux. L’arbre à palabres, le dialogue permanent, le recours aux conseils des sages, les recommandations des femmes au grand cœur, toutes ces stratégies qui concourent à la résolution pacifique des conflits. Le canon est une arme des faibles. Le dialogue est une arme efficace de résolution des différends entre peuples. C’est cela le fond de mon engagement en tant qu’artiste engagée pour le Congo.

Ch.F : Dans ta chanson “Mapendo”  tu chantes, mapendo amani kwa sisi wote. Umoja kwa wana wa Africa. Amour, paix et unité pour les Africains. Crois-tu être sur la bonne voie dans l’atteinte de tes objectifs, une région des Grands Lacs, un Congo havre de paix et d’essor ? 

G.S : La musique est une drogue universelle. Une passion partagée. Dans les transports, au marché, dans des cérémonies festives, à la maison, partout où vous pouvez imaginez, la musique est écoutée. Presque chaque jour, tout le monde écoute la musique. Si les peuples de la région décident de s’unir grâce à nos messages diffusés sur CD audio ou DVD visuel ; je ne peux que me réjouir.

J’ai une passion pour mon travail. Bien qu’au Congo les artistes-musiciens ne sont pas du tout appuyés, ce que je déplore d’ailleurs. Les artistes musiciens contribuent à la pacification au travers de leurs productions. Il va sans dire qu’un encadrement matériel, technique et financier conséquent doit leur être alloué par les décideurs.

Ch.F : Tu es une femme, une artiste talentueuse. Un message particulier à l’égard de tes consœurs qui te lisent ?

G.S : La femme est capable. Elle doit croire en ses capacités. Il suffit juste d’un petit effort de conscientisation individuelle et d’abnégation de la part de la gent féminine pour découvrir et aimer ce dont elle est à mesure de faire. La femme a un grand rôle à jouer dans toute société. Eduquer une femme c’est éduquer toute une société dit-on. Tant que la femme africaine ignorera sa force, ses potentialités dans la quête de la paix, la pacification de la région restera un voue pieux.

Ch.F : Un petit extrait d’une de tes chansons préférées ?

G.S : La vie est un grand combat. N’oublions pas, nous luttons pour la rendre meilleur pour nous-mêmes et pour nos générations futures. La paix est un élément primordial dans ce monde. Sans la paix, il n’y a pas d’essor pour un peuple. Pour bâtir ce monde, cherchons la paix et le reste nous sera donné dans le temps qui coule. Cherchons la paix et non la guerre, unissons-nous pour un monde meilleur, où il faut beau vivre !!!

MERCI.

Pour écouter une de ses chansons, ici

 

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12 Des réflexions sur “Musique pour l’amour de l’Afrique : Germaine Sangara, une voix engagée

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  2. Oui, la paix au cœur du centre Afrique, à l’est de la République Démocratique du Congo, Centre Afrique, Soudan du Sud et Nord, Mali, … L’école pour apprendre comment utiliser l’armé jamais l’école de la paix. En effet, la paix n’est pas appris à l’école mais chez soi. Quel est l’avenir du Congo de 2025 ou 2050, et pour quoi pas l’ Afrique en général. Les africains n’en profitent rien des guerres sans victoire. Un grand cancer du développement de l’Afrique, c’est la guerre. Des milliers d’africains sont tués, brulés vifs, je m’imagine leurs cries de souffrance et blessures au cœur ! Rêvons d’un Afrique de paix, libérons l’Afrique, unissons l’Afrique. Quelle école allons nous choisir chers africains?

  3. Nous avons besoin d’apprendre comment bénéficier de nos œuvres, beaucoup de gens souffrent de ce mal et on en reste vulnérable.
    Je fais référence a « Elle mène une vie modeste, mais elle a besoin d’appui matériel et financier pour son épanouissement dans sa carrière plutôt prometteuse. »

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